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Salars et Sajama

Ce module totalement inédit vous permet de rallier La Paz à Uyuni, par les pistes désolées du pays Urus, en bordure de la frontière chilienne. Cette expédition (en 4×4 et en autonomie complète) est réservée aux amateurs de grands espaces et de paysages grandioses : le parc Sajama, mélange parfait de volcans, de sources chaudes et de geysers et peuplé d´une faune très abondante, les sépultures du Río Lauca, le salar de Coipasa et enfin le salar d´Uyuni, le plus grand lac salé au Monde. A vos appareils photos et en route pour l’aventure!

Trek en Cordillère Sud

Après une acclimatation au Lac Titicaca, nous vous proposons 8 jours de trek qui nous emmènent au Sud de la Cordillère jusqu´au massif du Huayna Potosí, avant de s’enfoncer dans la végétation tropicale des Yungas, en empruntant le chemin Inca pavé du Choro, parfaitement conservé.

Le syncrétisme religieux en Bolivie

Le syncrétisme religieux en Bolivie

Par Sergio Soliz

Quand les conquérants européens sont arrivés en Amérique, ce n’était pas pour négocier mais pour imposer. Armés de la croix et de l’épée, ils se sont installés sur ces terres, avides des richesses que promettait le nouveau monde et pressés de convertir au christianisme ces « incivilisés », doutant même qu’ils possédaient une âme. De cette rencontre de deux mondes est né un troisième, un monde métissé où se sont mélangés les sangs et croyances. Dans ce contexte une nouvelle vision de l’univers est ainsi née qui a dû s’adapter aux exigences des uns et aux nécessités des autres.

La survie des dieux écrasés

En Amérique, le syncrétisme religieux n’a pas grand-chose à voir avec la « conciliation » que mentionne le dictionnaire. En effet, il a été imposé par le pouvoir colonial qui a obligé les peuples conquis à intégrer sa culture. Les punitions pour cause d’idolâtrie ont été importantes et l’évangélisation des autochtones a impliqué, entre autres, la construction d’églises chrétiennes en lieu et place de temples indigènes. Cette assimilation de la culture et des croyances étrangères n’a pas été, toutefois, exempte de lutte et résistance. Les peuples opprimés ont inventé mille manières pour continuer à adorer leurs dieux condamnés à la clandestinité et ont trouvé des subterfuges afin de vénérer leurs idoles en les dissimulant derrière le visage de saints chrétiens.

Quel a donc été le véritable degré de pénétration de la religion dominante ? Selon la chercheuse Juliane Esch-Jakob, le christianisme, malgré ses efforts et pressions, n’a pas atteint son objectif : s’enraciner et remplacer les fonctions et les forces des religions traditionnelles. Selon elle, la conversion de la population indigène de cette région du monde (principalement aymaras et quechuas) a seulement été partielle et, dans beaucoup de cas, superficielle.

Montagne, Terre Mère et Vierge Marie

Les missionnaires arrivés en Amérique Latine souhaitaient en terminer avec la multiplication des nombreux dieux existants en les englobant dans des images chrétiennes unificatrices. Selon l’historienne Teresa Quisbert, l’impossibilité d’étouffer le culte à la Terre Mère a été l’un des échecs fondamentaux de la christianisation du monde andin, déboire que le colonisateur a essayé d’atténuer en assimilant la Pachamama (Terre Mère) à la Vierge Marie.

Le chroniqueur Alonso Ramos Gavilan a écrit que Marie était « la montagne d’où est sortie cette pierre… qui est le Christ » et cette métaphore aurait permis, selon Quisbert, d’assimiler la Vierge à une montagne de pierres précieuses (ou de métal précieux), raison pour laquelle Marie fut très vite associée à la Montagne de Potosí (célèbre pour la quantité d’argent extrait de cette colline durant la colonisation). Cette assimilation Vierge Marie – Pachamama a été représentée de manière explicite dans un tableau de l’ère coloniale « la Vierge de la Montagne » (Musée National des Arts à La Paz, Bolivie) où la Vierge Marie et la Colline de Potosí sont un tout : la montagne possède un visage féminin et deux mains ouvertes.

Diables qui dansent pour la Vierge

Un des moments où l’on détecte vraiment cette juxtaposition culturelle et religieuse à laquelle nous faisons référence est sans doute le carnaval. À la fin du XVIIIe siècle, les danses ont été interdites et exclues des fêtes religieuses. C’est pourquoi une bonne partie d’entre elles ont été transférées au carnaval qui obtint alors un rôle important dans la religiosité et la spiritualité indigène. C’est donc dans ce cadre que les coutumes et les rites réprimés remontent à la surface en profitant de cette parenthèse de permissivité pour remémorer des cérémonies interdites dans des conditions de normalité.

Durant le carnaval d’Oruro, par exemple (l’un des plus fameux du continent), la Vierge du Socavón, la patronne des mineurs, est honorée par des danseurs déguisés en diables. Cette mise en scène, majestueuse et colorée, inclut aussi des anges et des archanges pour rendre hommage à la Vierge et pour représenter la lutte entre le bien et le mal.

Dans le contexte andin, le diable a connu son propre dilemme au moment de l’adaptation. Et bien qu’il ait été assimilé au Supay (le « tio » soit « l’oncle », figure qui règne sur les mines souterraines), cette association s’est avérée insuffisante puisque le Supay a, dans le monde aymara, des caractéristiques propres qui l’éloignent considérablement de l’image du diable chrétien.

Car le Supay, s’il peut punir, peut aussi protéger la population indigène. Il n’existe pas, comme chez Lucifer, cette image de l’attente aux portes de l’enfer. Les aymaras lui donnent des offrandes comme à la Pachamama, en le priant de produire du minerai en abondance et de veiller sur leurs vies durant le travail quotidien dans les mines.

Bénédiction, mort et résurrection

Le syncrétisme religieux instauré dans le quotidien produit des phénomènes originaux et assez surprenants.

Le vendredi saint, profitant que, selon la tradition chrétienne, Dieu est mort, il est coutume dans quelques communautés établies de la région de Cochabamba et du nord de Potosí de procéder à des vols rituels dans les vergers voisins (avant l’arrivée du jour de la résurrection) dans une interprétation très particulière de la fête de Pâques.

Autre exemple, la cérémonie de la challa, bénédiction paienne des voitures qui s’effectue sur le parvis de la basilique de Copacabana. La challa est une cérémonie de réciprocité avec la Pachamama. Elle implique de faire une offrande à la Terre Mère, on répand donc de l’alcool et d’autres éléments symboliques sur le sol en échange de la protection et de la bonne fortune du véhicule.

Ce rite ancestral est réalisé avec l’accord et la participation des prêtres catholiques, qui jouent un rôle important dans cette mise en scène en arrosant avec de l’eau bénite, une à une, les voitures ornées de fleurs, qui font la queue sur le parvis.

La Bolivie, pays aux 36 cultures

LA BOLIVIE, PAYS AUX 36 CULTURES

Par Pierre Kapsalis

Véritable nation arc-en-ciel, la Bolivie est le pays le plus indien d’Amérique du sud. Deux-tiers de sa population se revendiquent de cette culture et 36 ethnies peuplent l’ensemble de son territoire, depuis les hauteurs de l’altiplano jusqu’aux confins de l’Amazonie.

La diversité des peuples indiens de Bolivie est totale : certaines ethnies, comme les Aymaras, comptent plus d’un million d’habitants et ont réussi à envoyer l’un des leurs à la présidence de la République. D’autres, comme les Indiens Guarasugwe, ne comptent plus que quelques dizaines de locuteurs et ont pris la terrible décision de ne plus avoir d’enfants et donc de disparaitre dans un futur proche. Ils estiment en effet que l’avancée de la civilisation occidentale vers leurs terres les a condamnés à la pauvreté la plus absolue.

Parmi les ethnies indiennes les plus importantes du pays, on distingue les Aymaras, les Quechuas et les Guaranis.

Une origine discutée

L’origine des peuples indiens de Bolivie baigne dans l’incertitude. Au moment de la conquête des Amériques par les Espagnols, ceux-ci étaient surtout intéressés par le pillage des richesses, beaucoup moins par l’histoire des peuples conquis. Ce n’est que plusieurs décennies après l’arrivée des Conquistadors que certains personnages comme l’écrivain Garcilaso de la Vega se sont intéressés à ces peuples. Malheureusement, ils ont souvent dû se baser sur des témoignages approximatifs, les faits réels étant déjà lointains.

Ainsi, l’origine des Aymaras, principale ethnie du nord bolivien est toujours sujette à discussion. Si la majorité des historiens situe l’origine des Aymaras sur les rives du lac Titicaca, d’autres pensent plutôt qu’ils sont originaires du nord de l’Argentine et se sont mis en mouvement vers la Bolivie au 12ème siècle. Mais d’après les dernières études, des historiens pensent à présent qu’ils proviennent des vallées péruviennes et que la langue officielle des Incas était l’aymara.

Dans ce flou historique, ce qui est certain, c’est que les Aymaras ont subi l’invasion des Incas au cours du 15ème siècle. Mais à la différence de beaucoup d’Empires, les Incas imposaient leur pouvoir politique et militaire mais permettaient aux peuples conquis de conserver leur culture, leur langue et leur religion.

Une culture omniprésente

Les Aymaras habitent donc les hautes terres du pays, sur l’Altiplano, mais on les retrouve également sur la côte pacifique du nord chilien, du sud péruvien et dans le nord ouest argentin. Depuis toujours les Aymaras ont été de farouches défenseurs de leur culture et elle est omniprésente en Bolivie. Une des manifestations les plus importantes de cette culture est la dévotion à la Terre Mère. Chaque jour, aux quatre coins de l’Altiplano, les Aymaras rendent hommage à la Pachamama sous forme de « chaya » ou offrande à la Terre Mère. On effectue des chayas pour obtenir de bonnes récoltes, pour être protégé lors d’un voyage, pour trouver un bon filon dans une mine…

L’Aymara le plus connu aujourd’hui, après le Président de la République, est une femme : la Cholita. Femme autoritaire au chapeau melon et aux multiples jupons brillants, vêtue d’un indispensable châle et toujours coiffée de deux longues tresses, la Cholita est la vraie patronne des rues de La Paz. Le peuple aymara a une conception du temps différente de celle des cultures occidentales : pour l’aymara, le passé, connu et visible, se trouve devant le locuteur, alors que le futur, inconnu et invisible, se trouve derrière lui.

Tout comme les Aymaras, les Quechuas vouent un culte à la Pachamama, ils doivent vivre dans le pur respect de la Mère Terre. Celle-ci protège ses habitants grâce aux bienfaits essentiels qu’elle offre, comme la nourriture, les Quechuas se doivent donc d’honorer la Déesse de la Terre.

Les Quechuas sont les indiens majoritaires du continent américain. Et avec plus de deux millions de locuteurs, ils sont également majoritaires en Bolivie. Ils sont à l’origine du Royaume de Cusco, assimilé par l’Empire Inca. En Bolivie, ils habitent principalement les vallées andines, dans les départements de Potosi et de Cochabamba.

Les Quechuas accordent beaucoup de valeur à l’entraide communautaire (appelé l’ayni), un point essentiel à leur organisation sociale et toujours d’actualité. Mais le quechua est aussi une langue, la lingua franca des Incas. Quelques mots d’origine quechua se sont d’ailleurs introduits en français, notamment « alpaga », « condor », « lama », « puma », « quinoa » et même « coca ». Cette langue a repris tellement d’ampleur que Microsoft a décidé de sortir une version quechua de Windows, alors que Google a fait de même pour son moteur de recherche.

Le premier gouvernement autonome de Bolivie

Les Guaranis, mis à l’honneur dans le sublime film « Mission », habitent dans le sud-est du pays. Ils sont restés extrêmement attachés à leur mode de vie ancestral. Ainsi la vision occidentale de la propriété privée et de commerce leur est tout à fait étrangère : tout appartient à la communauté et leur économie est basée sur la prestation de services, on donne à une personne nécessiteuse et on reçoit quand on est soi-même dans le besoin.

Depuis la nuit des temps, les Guaranis sont en quête de la « terre sans mal », un lieu révélé par leurs ancêtres où ils pourront vivre sans douleurs ni souffrances. Tout au long de leurs existences, ils ont parcouru de grandes distances à la recherche de cette terre. Cette quête permanente est une caractéristique de la personnalité unique des Guaranis.

Ils ont obtenu en début d’année 2017 le premier gouvernement autonome indigène. Et ils ont décidé d’adopter le mode de vie communautaire, où les intérêts de la collectivité priment sur les individus. Et tout ceci en parfaite légalité : la nouvelle Constitution bolivienne garantit aux peuples indiens la possibilité « d’autogouvernement ».

Un pays aux 37 langues nationales

Des peuples comme les Aymaras ou les Quechuas, ont représenté pendant longtemps la face indienne du pays. Mais à l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales et l’adoption de la nouvelle Constitution en 2009, cette vision a été enrichie par la reconnaissance des peuples qui habitent le bassin amazonien. Ainsi, la Bolivie reconnait maintenant les 36 langues indiennes du pays, en plus de l’espagnol, soit 37 langues nationales. Mais, outre l’importance donnée à leurs langues, cette nouvelle Constitution a impliqué plusieurs changements pour les Indiens de Bolivie : leurs médecines, leurs traditions, leurs pensées ont droit également à une toute nouvelle reconnaissance.

Enfants du Pays

Enfants du Pays

César Brie

César Brie est le représentant du théâtre bolivien actuel. En 1991, il s’installe dans une grange proche de Sucre et forme un petit groupe d’acteurs qui apprennent le quechua, le chant, la danse, l’utilisation d’instruments andins et atteignent un contrôle extraordinaire de leurs corps. Ainsi naît le « teatro de los andes » où la culture occidentale et la culture andine se rejoignent et dialoguent à travers le langage théâtral. Depuis lors, la troupe dirigée par Cesar Brie a créé 13 œuvres jouées aussi bien dans les rues des villages indiens que dans les quartiers des grandes villes du pays, partant de l’idée qu il faut « sortir le théâtre des théâtres », l’emmener là où les gens se trouvent. Les œuvres du « teatro de los andes » seront aussi applaudies dans les festivals du monde entier.

Domitila Barrios De Chungara :

Domitila Barrios De Chungara : petite femme d’allure tranquille, elle est le symbole de la lutte des mineurs en Bolivie. Parler des mineurs est parler du groupe social le plus important du pays, ce sont eux qui ont fait trembler plusieurs fois les dernières dictatures militaires. La particularité de Domitila est d’avoir réussi à incorporer les femmes, épouses de mineurs, à leurs luttes.
Grâce à sa résistance aux régimes militaires, elle a été invitée à différents congrès sur les droits de l’homme où son franc parler est entendu par tout le continent.
Elle est l’auteur d’un livre bouleversant sur la vie des mineurs, « Si l’on me donne la parole » qui lui a permis de faire connaître son message de paix au monde entier.
On pourrait comparer la figure de Domitila à celle de Rigoberta Menchu, prix Nobel de la paix en 1992.

Edgar Arandia

Edgar Arandia : est un artiste qui nous décrit à travers ses peintures des scènes urbaines à partir de personnages et de problèmes que l’on rencontre tous les jours dans la ville de la Paz. Il nous laisse regarder le monde des habitants de l’Alto, les fous déambulant dans les rues, les chanteurs de Rock ou les quartiers attrapés par la nuit, parfois du coté du spectateur rigoureux, parfois comme un personnage appartenant à ce monde étrange.
Arandia reflète dans ses oeuvres un style de vie nocturne, liée au sordide, aux effets pervers de la modernisation ou à l’invasion constante du coca-cola, dans une ville partagée par des groupes culturels, sociaux et ethniques en tension constante.
Edgar Arandia est aussi écrivain, il est l’auteur de deux livres de poèmes et il écrit également sur la politique nationale et sur l’art dans les journaux et les revues locales.

Ernesto Cavour

Ernesto Cavour : c est l’extravagant musicien bolivien, connu pour être l’inventeur de différents instruments qui ont enrichi le folklore du pays. Il est aussi le fondateur du groupe « Los Jairas » qui a permis de faire connaître la musique traditionnelle bolivienne jusqu’en Europe.
Parmi ses inventions les plus importantes, le charango en étoile, la guitare à double bras ainsi qu’une version améliorée de la zampoña qui s est popularisée dans tout le pays grâce au groupe « los Kjarkas . »
Dans la rue Jaen, visite obligatoire de La Paz, on peut visiter le musée d’instruments de musique qu’il a créé. Y sont exposés plus de 2000 instruments provenant de sa collection personnelle et bien sûr tous les instruments créés part cet artiste polyvalent

Evo Morales

Evo Morales : dirigeant syndical des producteurs de coca du Chapare, Evo Morales aura toujours été un caillou dans la chaussure du dernier gouvernement. Depuis les élections du 30 juin 2002, c’est Monsieur numéro 2. En effet, contre toute attente, cet ancien agriculteur a atteint la seconde place des élections nationales et a presque obtenu la présidence du pays.
Depuis de nombreuses années il est un fervent opposant à l’éradication de la coca, feuille omniprésente dans la culture bolivienne. En 1985, le gouvernement adoptera la loi 1008 pour lutter contre le narco trafique mais se focalisera surtout sur les petits paysans qui produisent la feuille de coca. Ainsi le Chapare, fief de Evo Morales, sera fortement militarisé et la répression ne cessera d augmenter.
Depuis sa victoire aux dernières élections, ce dirigeant syndical ne cesse de répéter que maintenant la lutte des cocaleros sera transférée au parlement, où son parti a obtenu une place non négligeable au sein de l’opposition.

Felipe Quispe (el Mallku)

Felipe Quispe (el Mallku) : leader des paysans du département de La Paz et l’un des personnages les plus charismatiques pour les Indiens de l’altiplano.
Il revendique le droit à la terre pour les aymaras, le respect de la culture de son peuple et dénonce la corruption du monde politique. Cependant ses méthodes sont souvent contestées : il a organisé les barrages routiers qui ont paralysé La Paz et ses environs ces dernières années ; auparavant il a créé un groupe armé responsable de plusieurs attentats, ce qui l’amena en prison pendant 5 ans. A sa libération, il devient dirigeant du plus grand syndicat du pays et forme son propre parti politique qui obtiendra un score assez faible aux élections du 30 juin 2002.
Adulé par certains indiens de l’altiplano, détesté par le gouvernement, on l’accuse souvent de haine raciale, son objectif final étant l’imposition d’un Etat aymara en Bolivie.

Francisco (Panchi) Maldonado

Francisco (Panchi) Maldonado : Panchi est le leader du groupe « Atajo » crée en 1996. Atajo représente un autre aspect de la musique bolivienne, loin du folklore andin des « Kjarkas » ou de « Jacha Mallku . » Les chansons de Panchi parlent du quotidien des Boliviens et des Paceños en particulier à travers un langage urbain et des rythmes de Jazz, Blues, Rock. Il nous raconte l’histoire de la vie des enfants de la rue, d’un petit vendeur de crème glacée, l’agonie d un « arapita » (porteurs des marchés boliviens) ou encore du travail de ces jeunes qui penchés aux fenêtres des mini-bus doivent crier à l’attention des piétons le parcours suivi par le chauffeur.
Cette description de la vie des petites gens qui peuplent les rues de La Paz se fait toujours avec humour et simplicité, et grâce à ces qualités, Atajo est devenu l’un des groupes les plus populaires de la jeunesse paceña.

Gonzalo Sanchez de Lozada (Goni)

Gonzalo Sanchez de Lozada (Goni) : il a été président de la république en 1993 et a obtenu un second mandat en 2002. Il a passé une bonne partie de sa vie aux Etats-Unis et est souvent surnommé « le gringo » par la population en raison de son accent américain. C’est l’une des grandes fortunes du pays grâce aux intérêts acquis dans les principales mines de Bolivie.
Pendant son ancien mandat, il a mis en œuvre la loi de participation populaire et la « capitalisation », processus consistant à ouvrir à des sociétés étrangères le capital de certaines des entreprises nationales les plus stratégiques : le pétrole, le gaz, l’électricité, la compagnie d’avion, les chemins de fer, les télécommunications… Il continue ainsi l’application de la politique libérale que la Bolivie suit depuis 1985.

Jorge Sanjinés

Jorge Sanjinés : il est considéré comme le plus grand réalisateur bolivien. Il fait partie du nouveau cinéma latino-américain qui s’inscrit à coté des nouvelles vagues occidentales et qui est une expression parallèle aux mouvements de libération qui se sont développés en Amérique latine dans les années 60. Son discours a été et reste militant, ce qui lui valut l’exil au Pérou après le coup d Etat du Général Banzer en 1971.
Une des particularités des films de Sanjinés est l’utilisation d’acteurs non professionnels, comme par exemple des paysans de l’Altiplano ou des personnages historiques comme Domitila Chungara.
Son chef d œuvre « le courage du peuple » lui valut d’être surnommé le « Eisenstein de l’Amérique Latine »

Paulino Esteban

Paulino Esteban : indien aymara, c’est une légende vivante en Bolivie. Cet homme originaire du lac Titicaca a perpétué une tradition ancestrale qui remonte à l’époque de Tiwanacu : la construction des embarcations de roseaux, les fameuses balsas de totora. Depuis l’âge de 12 ans il exerce cet art, et son savoir faire a rendu possible la réalisation de différentes expéditions à travers le Pacifique et l’Atlantique. Ainsi Thor Heyerdahl fit appel à lui pour la construction du Ra II qui relia avec succès le Brésil au Maroc. L’archéologue norvégien voulut ainsi démontrer que le continent américain avait été en contact avec les cultures d’autres continents bien avant l’arrivée des Espagnols.
En août 2002, à 60 ans, Esteban et sa famille ont encore participé au projet « Qala Yampu », dirigé par des archéologues américains. Cette expérience a démontré que la civilisation de Tiwanacu a été capable de transporter des monolithes de plusieurs tonnes sur ces embarcations de totora.

Rachel Welch

Rachel Welch : « sex-symbol » des années 60-70, son père, Armando Tejada, a émigré aux Etats-Unis dans les années 30. Rachel Welch est née à Chicago et elle ne reconnaîtra publiquement ses racines boliviennes (qu’elle avait toujours gardées secrètes) que récemment, en juin 2002. Les Tejada, dont descend Welch, sont une famille très importante en Bolivie : Lidya Tejada fut l’unique femme présidente dans l’histoire du pays et fut démise de ses fonctions par un coup d’Etat orchestré par García Mesa Tejada, curieusement de la même famille…

Rachel Welch a expliqué, lors de sa première visite en Bolivie, que dans sa jeunesse son père lui interdisait de parler espagnol dans le but de mieux l’intégrer à la société américaine. Elle ressent aujourd’hui de l’orgueil pour ses racines latines, ce qui est certainement dû à la nouvelle politique de Hollywood, celle de valoriser la femme latine.

Les îles du lac Titicaca

Les îles du lac Titicaca – par Pierre Kapsalis

Le somptueux lac Titicaca est parsemé d’îles dont les temples archéologiques témoignent de l’importance du lieu pour les trois cultures andines les plus importantes de la région : inca, tiahuanaco et aymara. De nos jours, ces îles sont habitées par une population fortement attachée à ses traditions, ses terres et les montagnes environnantes qui abritent les Achachilas, puissants esprits protecteurs. Les Aymaras d’aujourd’hui vivent de l’agriculture, de moins en moins de la pêche et de plus en plus du tourisme. Néanmoins ces îles de toute beauté ont réussi à garder une authenticité et une tranquillité qui font tout leur charme.

Vue depuis l’Ile du Soleil

L’île du Soleil

Son nom originel était l’île Titicaca et c’est elle qui a donné son nom au lac. C’est l’île la plus étendue du lac. C’est aussi celle qui abrite le plus de temples et de lieux sacrés. C’est enfin un lieu baigné par les légendes, encore bien présentes dans l’esprit de ses habitants. Au nord, l’île abritait à l’époque des Incas un sanctuaire appelé Chincana. Ce sanctuaire avait une double fonction : héberger les ñustas, les Vierges du Soleil qui rendaient hommage au tout puissant Inti – Dieu du Soleil – mais également conserver les aliments destinés aux nombreux pèlerins qui venaient sur l’île. Car tout proche des ruines de Chicana, se trouve un gros rocher d’apparence anodine. Cet endroit, empreint de mystère, était d’une grande importance pour les Incas : c’est là que se situe l’origine de leur dynastie. C’est en effet de ce rocher que seraient partis Manco Capac et Mama Ocllo – les enfants du Soleil – pour fonder l’Empire de Cuzco.

 

Mais c’est également de ce rocher que serait réapparu le soleil : l’histoire des Incas est divisée en cycles et chaque fin de cycle donne lieu à une terrible catastrophe. C’est lors d’une de ces catastrophes – un déluge apocalyptique – que le soleil aurait profité des cavités de ce rocher pour s’y réfugier. Une fois le déluge passé, le soleil s’est à nouveau élancé dans le ciel, donnant naissance à un nouveau cycle de vie. Les empreintes géantes de pas que l’on peut observer à quelques centaines de mètres du rocher seraient d’ailleurs celles laissées par le Dieu des Incas. En outre, ce rocher sacré était à l’origine recouvert d’or et d’argent, représentant symboliquement le soleil et la lune, précieux métaux bien évidemment enlevés par les Conquistadors.

Au sud de l’île, les Incas ont bâti un palais, Pilkokaina, réservé à leur Empereur Tupac Yupanqui, Inca qui conforta le pouvoir de Cuzco sur toute la région du lac Titicaca. L’île du Soleil étant d’une très grande importance religieuse, Tupac Yupanqui se devait de visiter régulièrement les lieux et honorer le sanctuaire du rocher sacré.

 

Ce bâtiment, de deux étages à l’origine, est orienté vers l’est, comme toutes constructions incas, en signe d’adoration au soleil. Mais ici, la porte principale du palais est également orientée vers la montagne Illampu et sa divinité Illapa, Dieu du Tonnerre et de la Pluie, toujours très respecté par les habitants actuels de l’île. Encore aujourd’hui, lorsque la pluie vient à manquer, les Aymaras n’hésitent pas à déposer une grenouille sur les hauteurs de l’île, en espérant que ses cris soient entendus par Illapa et qu’Il sauve ainsi leurs précieuses cultures.

L’île de la Lune

Cette petite île est la seconde île sacrée des Incas. On y trouve les ruines du palais Iñak Uyu, réservé aux Vierges du Soleil, les ñustas, choisies au sein des familles les plus nobles de l’Empire. Durant leurs séjours sur cette île, elles recevaient l’éducation qui allait leur permettre de devenir les futures prêtresses. Certaines d’entre-elles allaient aussi devenir les concubines de l’Inca. Actuellement, seulement quelques familles résident sur cette île, d’une grande tranquillité et offrant une vue époustouflante sur la Cordillère Royale et ses sommets enneigés.

 

Suriqui

La population de l’île de Suriqui se consacre depuis toujours à la construction traditionnelle d’embarcations en roseaux, la précieuse totora qui pousse abondamment dans les eaux peu profondes du lac. Thor Heyerdahl, scientifique norvégien, a par ailleurs fait appel aux habitants de cette île pour la construction du Ra II, utilisé lors d’une incroyable expédition visant à prouver une de ses célèbres théories : les bâtisseurs des pyramides de l’ancienne Egypte auraient pu traverser l’Atlantique et atteindre le continent américain sur de fragiles constructions en roseaux. Depuis lors, les habitants aymaras de Suriqui ont construit plus de 20 embarcations servant à des expéditions transocéaniques et ont acquis une renommée internationale. Paradoxalement, sur le lac Titicaca les barques en totora ont maintenant disparu et sont remplacées par des bateaux en bois. La raison est de toute évidence pratique : la vie utile d’une embarcation de totora est à peine d’une année, tandis qu’une embarcation en bois dure plus de 15 ans.

Kalahuta

Tout comme Suriqui, cette île fait partie du lac mineur ou lac Wiñaymarka, la partie méridionale du Titicaca. Son nom en aymara signifie « la maison en pierre » car l’île abrite de très nombreuses chullpas, tours funéraires d’origine aymara. Ces chullpas, de deux ou trois étages, étaient destinées à abriter les corps des plus hauts dignitaires de la région.

Pariti

Cette petite île d’à peine 4 km2 est devenue célèbre au début des années 2000, lorsqu’une équipe d’archéologues a découvert plus de 400 poteries enterrées et conservées dans un état tout à fait exceptionnel. Après datation au carbone 14, on a pu déterminer que ces poteries provenaient de l’Empire de Tiahuanaco. Cette découverte archéologique, la plus importante de ces dernières décennies pour la Bolivie, a établi que Pariti était un lieu sacré où se sont déroulées d’innombrables offrandes à la Terre Mère, à la fin de l’Empire de Tiahuanaco