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Les Cholets : l’architecture kitsch Bolivienne, symbole de l’opulence Aymara

Ces bâtiments colorés mêlant commerces et habitations sont le symbole de réussite de la communauté Aymara.

Un « Cholet », mot composé alliant « Cholo et Châlet », est une maison colorée de 6 ou 7 étages, d’une superficie atteignant 500 m2 qui abrite pistes de danse, magasins, salles de sport et au dernier étage des appartements tout confort. Ces constructions néo-andines se parent aussi de lustres, moulures et détails luxueux rappelant les châteaux Européens.

Ils ont surgi en pleine banlieue pauvre de La Paz, à 4.000 mètres d’altitude, dans la ville d’El Alto, où les gens commencent à bénéficier de l’essor économique du pays. Ces constructions rutilantes aux couleurs vives et aux motifs inspirés de la culture traditionnelle aymara sont devenues les symboles de cette nouvelle bourgeoisie commerçante. Un vrai renouveau pour le « bas quartier » le plus haut du monde.

Alors que partout dans le monde, les plus pauvres s’installent dans les parties basses des villes délaissées par ceux qui recherchent un air plus agréable, en Bolivie, c’est le contraire. Il faut dire que la ville d’El Alto, située sur un plateau à 4000m, est balayée par les vents et est bien plus froide et rude que le reste de la ville.

Ces architectures ostentatoires, kitsch et luxueuses ont été inventées par l’architecte Freddy Mamani et commencent à truffer le paysage urbain d’El Alto. Freddy Mamani compte à son actif plus de 60 immeubles qui se négocient jusqu’à un million de dollars. Berger de lamas dans son enfance, il vient d’un minuscule village de l’Altiplano qui ne figure même pas sur la carte.

Ce mélange incroyable de couleurs et de structures en plastique étonne les touristes. « On nous a dit qu’El Alto était une ville très pauvre. Nous avons découvert une grande richesse au milieu de toute cette pauvreté et mendicité. C’est très choquant ! », déclare un touriste Canadien de 28 ans.

L’essor de ces maisons extravagantes et luxueuses coïncide avec l’arrivée au pouvoir du président Evo Morales, premier président indigène du pays, en 2006. La nouvelle bourgeoisie indienne Aymara, dont le pouvoir d’achat a augmenté, s’est depuis prise d’engouement pour ces constructions résidentielles et commerciales.