Trek en Bolivie avec Terra Andina
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Recit de Trek de Christian Chabert : La Paz
La Paz, capitale de la Bolivie
   
Recit de Trek de Christian Chabert : Sajama
Balade dans le parc Sajama (au fond, le Parinacota et le Pomerape)
   
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Recit de Trek de Christian Chabert : Lac Titicaca
Le lac Titicaca et au fond la cordillère des Andes
   
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Recit de Trek de Christian Chabert : Huayna Potosi
Le Huayna Potosi, 6088 m
 
 
 
 
 

 


Récit de Christian CHABERT
Du désert de SAJAMA au HUYANA POTOSI en passant par le lac TITICACA et la CORDILLERE ROYALE

Découverte, trekking et andinisme, du 06 au 27 septembre 2003
 

Dés le petit matin, le ton était donné. A travers l'énorme verrière du nouvel aéroport de Nice, nous assistons à un magnifique lever de soleil au dessus du cap de Villefranche. Du soleil et un peu de neige sur les Alpes, beaucoup d'attente à Roissy ainsi que sous la tornade à Miami. Nous y patientons pour visiter ses célèbres douanes, car l’on passe plus de temps à attendre un visa qu’à y manger un hamburger. La fatigue se fait sentir. Vivement demain matin et La Paz !

Jour 1
Ca pour être dépaysés, nous sommes dépaysés. Si nous avons un peu le souffle coupé, ce n'est pas à cause des 4058 mètres d’altitude, ni par l'accueil sympathique de Carlos, mais parce que nous profitons de 10 centimètres de neige pour baptiser ceux qui n'avaient jamais franchi l'équateur. De même nous réservons quelques boules de neige pour Nanou et Jean Claude qui fêtent leur premier voyage en avion. Très ému, Jean Claude donne ses billets retour à un porteur.

La ville de La Paz ne cessera de nous étonner à chaque séjour. Immense entonnoir, bouillonnant de vie, les contrastes y sont très forts. Plus d'un million d'habitants sur les 8 qui vivent dans un pays qui fait plus de deux fois la France. Sur l'immensité semi-désertique se développe une banlieue faite de briques, souvent d'adobe, pauvre, boueuse. Elle grandit chaque jour avec l'arrivée d'immigrants. Brutalement, au bord du plateau se creuse un canyon de plus de 400 mètres de profondeur. Toutes ses pentes sont couvertes de petites maisons. Plus bas on devine la ville espagnole, des immeubles modernes et enfin les quartiers riches. En arrière plan les glaciers et les pointes de l'Illimani (6402m). Notre hôtel à coté de la place San Fransico (elle deviendra tristement célèbre lors des manifestations d'octobre) est en plein centre. Il est proche de la calle Sagarnaga et de ses échoppes d’artisanat local (l’un des plus fameux d’Amérique du sud), de la rue des Sorcières avec ses fœtus de lamas ou bien des marchés colorés de San Pedro.

En face le centre historique, le quartier colonial. A l'arrivée des Espagnols, le rio Choqueyapu charriait de l'or, Maintenant recouvert, c'est l'artère principale. Elle nous voit déambuler, les yeux ronds entre d'innombrables vendeurs ambulants, des magasins de luxe et des banques, au milieu d'une circulation dense à priori anarchique. Policiers, militaires, gardes voisinent avec des hommes, femmes, enfants en costumes traditionnels.

Jour 2
Le but étant de s'acclimater, nous voilà partis dans deux 4x4 à travers les hauts plateaux pour rallier le parc national de Sajama*. Le parcours est loin d'être monotone, l'impression d'immensité est renforcée par une végétation rase, une absence d'habitants. Surprise, loin d'être plat, l'altiplano est fait de terres rouges, de collines, de cuvettes entaillées de gorges. Le regard porte très loin vers de hautes chaînes de montagnes enneigées Un arrêt permet de découvrir les énigmatiques chullpas, ces tours funéraires que bâtirent les chipayas*. Elles sont aujourd’hui vides après leur pillage systématique et n'y subsistent que quelques ossements ou débris de poteries. A l'arrière plan se dresse, superbe, le plus haut sommet de Bolivie, le volcan Sajama (6540m). Il voisine avec le Parinacota (6340m) et le Pomerape (6300m).

Nous quittons la plus belle route de Bolivie et pénétrons dans le parc par une piste qui nous conduit au petit village de Sajama (4200m). Nous avons froid et faim. Même si les logements paraissent rustiques, nous sommes bien contents d'être arrivés et puis en plus c'est la fête du village. Les danses traditionnelles se succèdent aux sons d’une benda déchaînée. Contacts simples avec les habitants qui se prêtent volontiers aux photos surtout que nous sommes les seuls « étrangers ». Puis le groupe se dissémine pour faire quelques pas tranquilles. C'était mal connaître Gerard et Daniel qui nous entraînent dans l'ascension de notre premier 4500. C'est raide, le souffle est encore difficile mais quelles vues. Le soleil couchant nous voit redescendre bien plus rapidement. Au sommet il y avait une pyramide de pierre, absolument similaire à un chorten* tibétain. Notre hôte nous confirme qu'il s'agit d'un sommet sacré et que la "ligne droite" qui y conduit fait partie de nombreuses lignes* tracées par une civilisation pré-inca.

Jour 3
Le lendemain au matin, les véhicules grimpent vers une zone de geysers particulièrement active. Elle nous offre un spectacle unique de bains bouillonnants sur quelques centaines de mètres carrés. A travers les collines où ne poussent que des quenas* nains, nous nous dirigeons pour plus de 2 heures de marche vers des sources thermales. Le panorama sur le vaste plateau et les volcans fait oublier le vent, le froid et l'altitude. Adrien, notre guide prend tout de suite la mesure du groupe.... On ne « prend » pas le chemin normal et les loco touristos s'éparpillent dans la nature......Prés des agua calientes*, Il y a même Jean Christophe qui ne se contente pas d'une jeune fille mais drague carrément un collège entier. Bonjour la solitude! Il nous faudra écarter les nageurs dans le bassin d'eaux sulfureuses à 43°! Enfin ceux qui seront assez téméraires pour se déshabiller. Alors qu'une partie du groupe, soigneusement emmitouflé, tente de se réchauffer c'est la volupté et le plaisir d'un bain relaxant au pied de la pyramide parfaite du Sajama. Ce n’est pas tous les jours qu'on se baigne à l'altitude du col des Bosses.

Après le pique nique à l'abri d'un muret nous retrouvons la solitude du haut plateau. La faune est abondante et variée. Alpagas, lamas et, plus farouches les vigognes, broutent tranquillement des étendues faites de llareta* et d'ichu*. On rencontrent deux bergères. Pas de photos!!! Un arrêt est nécessaire lorsque l'on retrouve la piste, le sable volcanique est vraiment très fatiguant. Le dernier faux plat voit notre ami Jean Claude s'écrouler, victime du mal des montagnes(?). Heureusement nous sommes arrivés à la laguna Huana Khota. Eclairée par un beau coucher de soleil, elle est peuplée d'oies sauvages, de canards et l'envol d'un groupe de flamants roses vient parachever un moment magique. Nestor et Samuel, à l'aide des 4x4 nous amènent alors au village de Tomarapi. A coté de sa petite église typiquement coloniale des "ONG" allemands financent la remise en état du village. Nous apprécions la qualité des chambres et de la nourriture dans des locaux à faire rougir bien des gîtes européens.

Jour 4
Aujourd'hui nous quittons Tomarapi par la piste et contournons les neiges éternelles du volcan Sajama par le nord. Sa voie normale d'ascension a été longuement scrutée avec nos jumelles. D'apparence techniquement "peu difficile", il y a quant même près de 2500 mètres à grimper et les pentes sommitales en neige ou glace sont certainement plus compliquées qu’il n’y parait.

Nous allons visiter de nouvelles tombes et les ruines du village des gardiens. Dés le début de cette étonnante balade nous avons la chance d'apercevoir deux nandu*. Le paysage est bien un des plus fascinants des Andes. Les tombes se dressent, telles des sentinelles, face au soleil levant. Le blanc, les rouges et les noirs du volcan se détachent sur un ciel très bleu. Le vent lève quelques tourbillons de poussières dans l'infini de la plaine rase. A prés de 50 kilomètres se découpe une chaîne de volcans qui nous séparent du désert d'Atacama. Couleurs fortes, lumières, notre solitude est totale. Rien n'a changé depuis que sur le plateau de pierre, les anciens habitants creusaient de nombreux canaux pour drainer et recueillir l'eau. Brusquement, l'ancien chemin Inca descend dans des gorges verdoyantes, pleines d'oiseaux et d'animaux. Les roches faites de grès rivalisent de formes étranges. Notre élan est brisé par les cris de Jean Claude. Hier, il a offert ses gants à la Pachamama*, maintenant il se rappelle que ce matin il est parti avec un appareil photo! Adrien prend en charge le gros du groupe et l'amène jusqu'à un village troglodyte. Là, les quelques habitants ne voudront pas de notre visite. Ils survivent chichement d'élevage dans un isolement total et ne trouvent certainement rien de spectaculaire à ces lieux qui ne cessent de nous enchanter. Les deux groupes se retrouvent pour un pique nique au bord du rio. Les camélidés et diverses espèces de volatiles qui s'y bousculent font la joie des photographes et en particulier de celui qui a retrouvé le sien......Plaisir également de voir la joie de nos chauffeurs et de notre guide à qui nous distribuons vêtements et surtout chaussures.

Le retour se fait dans l'après midi à La Paz. Au passage nous ne manquons pas de nous arrêter dans la petite ville de Curahuara de Carangas. L'intérieur de son église coloniale, faite d'adobe et couverte de chaume est richement décoré de belles fresques naïves. Elle est surnommée "la chapelle Sixtine d'Amérique du Sud". Certains panneaux nous rappellent "Notre Dame des Fontaines " à la Brigue (06). D'autres, comme dans le baptistère évoquent la nature, les scènes bibliques. Auparavant, comme le gardien était parti assister à un match de football, nous avions eu le temps d'aller voir une autre église. Certains tentent et réussissent un nouveau 4500m. Il suffit de suivre le chemin de croix qui monte vers une ancienne forteresse que détruisirent les incas de Tupac Yupanqui*.
Lac Titicaca 3 jours

Jour 5
Nous chargeons toutes nos affaires sur un bus privé. A bord Carlos accompagné de son fils Amaru. Une guide historique, Jaëlle va nous faire découvrir le site exceptionnel de Tiahuanaco (ou Tiwanaku). Le développement de ce centre cérémoniel s'étage de 1500 B.C. à 1200 A.C* en trois grandes périodes. Il est classé comme sans doute la plus grande œuvre architecturale mégalithique de l'Amérique. Il fallait absolument faire le détour. Musée tout neuf, grandes statues, portes du Soleil et de la Lune, temple observatoire astronomique, temple aux murs ornés d'énigmatiques têtes de pierre, restes de pyramide, la journée passe trop vite. Dans le car qui longe les rives du lac Titicaca* les discussions sont animées. Personne n'a pu rester insensible à ces monolithes de pierre sculptés de plus de 400 tonnes ou au délicat aménagement d'un bloc de roche qui fonctionne comme un haut parleur ou une oreille.

Si à droite la vue de la Cordillère Royale nécessite des arrêts photos, à gauche le spectacle du lac est unique. Pour franchir le détroit de Tiquina, nous montons à bord d’une petite vedette, alors que le car et nos affaires s'éloignent sur une espèce de barge. Personne n'est très rassuré surtout qu'il ne fait vraiment pas chaud. Une grand mère bien chargée s'embarque avec nous. Nous l'aiderons à sortir un de ses sacs.

Quel poids! Elle rapporte six briques au marché….. Le car suit les crêtes de l'île et le soleil se couche alors que nous redescendons vers Copacabana. La visite de la ville se fait hélas de nuit et nous révèle néanmoins l'énorme cathédrale de style maure. L'intérieur regorge de dorures et autres objets d'arts religieux européens ou locaux. Parmi ces derniers, la statue de "la Vierge Noire du Lac" réputée pour ses miracles, est à l'origine de nombreux pèlerinages. Les mécréants que nous sommes repartent vite vers les boutiques puis au marché couvert déguster un api*.

Jour 6
Spectacle étrange que découvrent au petit matin Philippe et Gérard. A défaut de l'observatoire Inca trop loin, ils ont décidés de monter au "chemin de croix". Les 5 centimètres de neige fraîche ne les arrêteront pas, nous non plus, surtout que l'on embarque sur un bateau pour le nord de l'île du Soleil. Ce dernier fait un retour timide alors que nous visitons les ruines incas de Chincana*. Elles dominent les eaux bleues vertes du lac, une plage de sable fin et des collines fauves, les montagnes au loin sont couvertes de neige. Le site est magnifique, mais il n’y a pas de volontaires pour un bain. De là nous débutons une randonnée par la ligne de crêtes jusqu’au village perché de Yumani au bout sud de l'île.

Du sentier les vues sont déjà superbes, mais certains comme Daniel ont décidé de faire un enchaînement de tous les 4000 pour encore mieux en profiter. Ils en font 5 avant de nous retrouver sur le terrasse de l'auberge de Maria et Ismael. Le panorama est vaste, l'accueil chaleureux, le confort sommaire. Heureusement que les ânes ont montés nos duvets depuis le port.

Jour 7
L'orage a grondé toute la nuit. La descente rendue glissante par la neige, nous fait passer par "la Fontaine de l'Inca". En haut d'un bel escalier, les incas ont aménagé "trois canaux symboliques"* par lesquels s'écoule une eau limpide. Elle était sacrée pour eux et les Espagnols vont la considérer comme une eau de jouvence. Face au soleil levant, sur la terrasse du Palais de l'Inca nous découvrons l'île de la Lune. A peine avons-nous abordés que nous sommes accueillis puis poursuivis non par d’accortes nustas* mais par des vendeuses de tous âges. Nous sommes néanmoins séduits par l'atmosphère paisible qui règne dans ce site. Une partie du temple des "Vierges du Soleil" a été restaurée, le reste est en ruines. Le pique nique se fait dans le bateau pendant la traversée intégrale du lac jusqu'au village de Kalaki. Les plus courageux montent sur le toit pour mieux voir la Cordillère Royale dont on se rapproche. Pourvu que le temps s'améliore, il y a beaucoup de neige.....

Sur la rive Est quelques cailloux nous permettent de débarquer et de hisser sur la berge nos sacs Un bus nous attend au plein milieu d'un champ avec nos trois nouveaux compagnons : Jaime, Samuel, Victor. Nous laisserons à regret Carlos et son fils au bord de la route. Ils vont se débrouiller alors que notre piste s'élève vers un col à plus de 4300m. On devine à travers les nuages le majestueux massif de l’Illampu (6430m) et son sommet l'Ancohuma (6427m). On dégringole alors par de nombreux lacets jusqu'au 2700m jusqu'à la ville de Sorata. D'hivernale, l'ambiance est devenue tropicale et rappelle à certains les vallées népalaises. Notre hôtel est étonnant et nous ramène à l'époque coloniale; Certaines chambres sont si grandes que certains couples vont s'y perdre. Cette demeure historique donne sur les dattiers qui décorent les beaux jardins de la place d'armes. Chacun s'éparpille dans la bourgade, allant des boutiques aux étals dans de petites ruelles pavées. Nous sommes à la veille d'une semaine de fêtes, beaucoup d'indigènos (on ne dit pas indiens) et l'ambiance est décontractée. Pourtant dans quelques jours il y aura des morts et des blessés

Traversée de la Cordillère Royale du Nord au Sud (11 jours)
Difficulté : trek d’altitude avec passage de plusieurs cols de 5000 mètres ou plus (au moins un col par jour).De 5 à 7 heures de marche par jour. Bonne condition physique et acclimatation requise. Bigre, bigre ! Voilà les choses sérieuses qui commencent, on est plus là pour rigoler, allez il faut quitter les douceurs de SORATA.

ANCOMA – COCOOYO : 4h * + 600m et – 1000m
Réveil matinal pour tous. Alors que certains tentent de téléphoner une dernière fois, d’autres ingurgitent un succulent petit déjeuner. Voilà deux manières bien différentes de se préparer pour 12 jours loin de la civilisation. Les deux 4x4, un pick up sont chargés. Alors que la piste s’élève, que les vides se creusent, que les chauffeurs se font la course, nous frisons la catastrophe, le lecteur de cassette ne marche pas…... Grâce à un tournevis bien coincé nous bénéficions maintenant d’un fond sonore apte à couvrir le claquement des dents de certains…… Un premier arrêt nous laisse admirer les Nevado Illampu (6368m) et Janquma (6427m) qui nous dominent et tout en bas au fond de la vallée, Sorata.. L’arrêt suivant se fait au col Chu-chu (4450m), en plein brouillard avant d’attaquer la descente pour le lieu-dit Ancoma (3900m).
Nous retrouvons là notre équipe d’arrieros* et leurs animaux car c’est ici que débute notre traversée. Nous serons en autonomie complète pour ces douze jours de marche. S’il ne fait pas chaud, si l’on ne voit pas grand-chose, cela est compensé par un superbe pique nique. C’est le début d’une longue série. Le passage du premier col, le Khorvasini (4610m) est suivit d’une descente assez raide. Dans le grand faux plat qui mène au village de Cocooyo (3630m) de très jeunes bergers regroupent des troupeaux de lamas. Ces derniers paraissent s’être régalés dans ces espèces de fondrières marécageuses, car ici les cailloux se disputent avec les herbes jaunies et quelques maigres buissons. Dire que la « publicité » parlait de vallée verdoyante ! Le campement est installé sur le terrain de football et nous sommes vite gentiment assaillis par les enfants. Il est facile, pour éviter toutes les « triches » dans la distribution de les mettre en colonne par un et de feindre ensuite de ne pas remarquer ceux qui repassent plusieurs fois.

COCOOYO – CHAJOLPAYA : 6h * + 1000m et – 300m
La nuit a été terrible pour certains. Toute la nuit je croise Dominique abritée sous son parapluie, chacun courant s’accroupir derrière les rochers. Au matin si Sylvie est aussi bien pâle, notre docteur Philippe lui se régale, enfin il me voit malade! Derniers achats dans LA boutique, dernière distribution de biscuits et c’est une file plutôt morne qui s’étire dans une remontée bien longue vers le col de Sarani (4600m). Nous longeons le géant Janquma (6400m), seconde montagne de la fabuleuse barrière et la descente, heureusement courte, aurait du nous laisser découvrir le massif du Negruni (5398m). Nous ne verrons et ni l’un et ni l’autre alors que le froid et une brume humide ne nous remontent déjà pas le moral.
Heureusement Dominique est là pour nous faire rigoler. Trop fatiguée, nous devons la hisser sur un cheval que j’ai fais venir depuis la vallée. C’est dans cet équipage qu’elle est accueillie au col par nos boules de neige.

Faire du cheval à cette altitude cela s’arrose ! Un peu plus bas deux enfants débouchent du brouillard et nous précèdent jusqu’au campement, situé au bord du torrent au dessus du hameau de Chajolpaya (4300m). Ces derniers sont vite rejoints par plusieurs bergères qui nous proposent pulls, écharpes, chullos ces bonnets à pointe et oreillettes qu’elles ont tissés. Ils sont de qualité et le marchandage est rapide, compte tenu de la météo. Les affaires marchent si bien que le stock est vite insuffisant. Qu’à cela ne tienne, une vendeuse remontera demain matin, il n’y a qu’une heure depuis son village.

CHAJOLPAYA – JACHAPAMPA : 6h* + 750m et – 350m
Au matin on aperçoit, entre deux nuages, la barre rocheuse que nous avons longée hier dans le brouillard. Dominique en est verte ! Son cheval lui, continue de brouter! La journée est sérieuse et nécessite un départ matinal (8h?). C’est à nouveau la grimpée dans une ancienne vallée glaciaire. Entre deux parois verticales, nous marchons sur un sol fait d’herbes rases. Plus haut, cette végétation est remplacée par des mousses. Quelques lamas nous observent alors que nous abordons la caillasse sous un fin grésil. Le col de Negruni, au pied de la montagne du même nom, frôle les 5000m. Nous étions prévenus, ce passage se fait dans la neige durant 9 mois sur 12. Elle est bien au rendez-vous mais accompagnée de vent et de brume !
Nous participons au rite de la Pachamama* blottis derrière un muret avant qu’une partie du groupe n’entame la descente. Philippe, Daniel et moi grimpons alors vers la ligne de crêtes pour dépasser la côte des 5000. C’est bien sûr, alors que nous sommes redescendus, que les nuages se déchirent et nous révèlent un superbe panorama fait de pics et de glaciers. Le groupe Chajowara (5506m) domine notre bivouac, installé sur une petite plate forme vers 4650m. Dans le soir tombant, la pyramide parfaite du Killibirti (5368m) se reflète dans une lagune.

JACHAPAMPA – PALCA : 5h* -700m et + 300m
Comme le dit Samuel*, notre journée sera plus « tranquillo » c'est-à-dire paisible et douce comme les habitants de ce pays. Nous sommes sur les flancs du massif Chearoco et enfin nous avons des vues sur les sommets. C’est pourquoi la halte au bord de la magnifique laguna Cotapata se prolonge et qu’il faut qu’un vent froid vienne agiter les eaux couleurs de jade pour nous chasser. Nous avons de nouveaux arrieros*. Ils dirigent habilement la quarantaine de lamas* et les trois mulets qui sont nécessaires au portage de toutes les affaires. Un peu plus bas nous entrevoyons quelques maisons dans le brouillard revenu.

Quelques enfants timides s’approchent et très haut dans les pentes escarpées, nous devinons leurs parents ramassant des pommes de terre. Plus loin, on aperçoit une école misérable et les distributions de friandises, de stylos, de savons sont appréciées. L’humidité fait place à une pluie fine et bien que toujours succulent, nous ne nous attardons pas pour le pique nique.
Maintenant le groupe s’étire dans la descente qui mène à la vallée de Palca (4000m). Au confluent du rio Chiquini et du rio Waraco, nous n’avons jamais été aussi proches (1 heure ?) de la forêt amazonienne. Nous n’en verrons rien. Nos vues sont limitées à quelques mètres et notre itinéraire fait que désormais nous lui tournons le dos. La remontée débute par le passage d’énormes rochers glissants qui forment un pont naturel sur le torrent. Le verrou franchit, il faut une heure pour arriver au lieu de campement, confortablement abrité derrière une ancienne moraine vers 4200m. Vite des vêtements secs et un thé chaud !

PALCA – HANKOLAKAYA: 8h* + 850m et – 400m.
Le réveil par un ciel bleu nous laisse espérer enfin une journée de qualité. Nous ne serons pas déçus. La côte, dans une pente raide vers le col Huaraco (4750m), nous offre à loisir le plaisir de contempler de très belles montagnes. Le vaste massif du Chachakumani culmine à 6000m. Il aligne ses pointes enneigées et se prolonge au dessus de notre passage par une gracieuse pyramide de granit, le cerro* Janqu’u Laya (5545m), encore un bel objectif. Plus modeste, mais combien attirante, se dresse sur la gauche de notre col une pointe haute. Alors que Gérard arrive au sommet nous nous faufilons au milieu d’énormes dalles pour pouvoir déboucher sur l’arête. C’est un superbe horizon de 360° qui récompense Nanou pour l’ascension de son premier « plus 5000m ». Au loin vers le Nord, émergeant de la surface de nuages qui recouvrent à l’infini la forêt équatoriale, nous distinguons les crêtes de la cordillère Appalomba.
Plus bas, au col, nos compagnons, un peu jaloux, attaquent l’autre versant. Certains ont même la chance de vérifier que cette région est justement réputée pour abriter de grands condors*. Il passe comme le casse croûte, comme la cordillère…..royal. Une dernière tranche de pastèque, une photo, puis nous déboulons rapidement jusque dans la vallée, passant près du village d’Hankolakaya (4200m). Bêtement, le gros de la troupe remonte le long d’une piste, alors que l’ancien chemin inca se révèle agréable et mène jusqu’au camp. Hauts de nos 4500m, au bord des méandres d’un torrent aux eaux laiteuses, nous savourons notre maté de coca en détaillant les masses glaciaires toutes proches. Ah !!! Si nous avions des skis…..le glacier qui descend du cerro Jisk’a Pata (5508m) est diablement attirant.

HANKOLAKAYA – LAGUNA KHOTIA: 6h* + 500m et – 700m.
Notre allure ce matin, se décline du même nom que notre prochain col, Mollo Mollo (4990m). Il fait beau et chaque tournant nous récompense d’un paysage fait de nouvelles cimes. C’est aujourd’hui que nous coupons transversalement la Cordillère d’Est en Ouest, laissant le versant Atlantique pour le versant Pacifique. Pendant la (longue) pause au col, nous pouvons mesurer les différences. Nous quittons le coté humide, les courtes vallées qui creusent les yungas* pour disparaître ensuite dans la selva équatoriale. A partir de maintenant, nous allons parcourir de longues cuvettes glaciaires parsemées de grands lacs, alimentés seulement par les torrents des glaciers tout proches. Les éboulis, les pierrailles prédominent dans des pentes sèches, arrondies, qui se confondent vite avec les horizons apparemment sans limites des hauts plateaux boliviens.
Au dessus de nous, se dressent les 5244m d’une pointe bien alléchante, le cerro Willa Lluxita. Eboulis, dalles de granit, couloirs puis crêtes de neige, c’est un régal et rien ne peut stopper nos envies de grimpe, ni l’absence de matériel, ni l’altitude. Alors que je rejoins Philippe au sommet pour la séance contemplation, photos, Nanou et Jean Claude s’arrêtent sur l’antécime. Le retour se fait en courant dans la neige avec vues privilégiées sur les crevasses du glacier. Nous sommes affamés et les sacs récupérés, nous nous dépêchons pour rejoindre sur les bords de la laguna Junq’a Quota nos compagnons et un nouveau festin … Samuel, Victor et Jaime * nos guides, discutent, s’inquiètent, car les nouvelles entendues à la radio ne sont pas bonnes. Sorata est le lieu de sanglantes manifestations….

La lumière du jour perd de son éclat et un vent sournois nous bouscule. Le sentiment de notre solitude est fort, les premiers sont déjà bien loin devant et la piste parait interminable …. Un pick-up inattendu, surchargé d’indigènos* s’arrête pour éviter un lama mort….. Au fond d’une profonde gorge le vert vif des mousses llareta* tranche sur le jaune paille des pentes d’ichu*. Des cascades, un ruisseau qui serpente et soudain c’est le débouché au dessus de la lagune Khotia (Quta* Thiya). Enserrée entre des parois de roches ocres, violettes, noires, elle s’étire sur plusieurs kilomètres, nous offrant toute une gamme de vert.…… Finalement le temps passe vite et il ne nous reste plus qu’à traverser la rivière. Certains sautent de pierre en pierre, d’autres pataugent, seul le résultat compte pour gagner le bivouac (4400m) au pied de la barre rocheuse.

Il est tard et je demande au groupe de s’habiller TRES chaudement……. Eh oui! Ce soir l’apéritif sera suivi d’une grillade de viandes et de légumes. Jaime nous a fait la surprise d’organiser une parrillada et cela bien naturellement se fait dehors… Les agapes se poursuivent sous la tente mess avec toute la famille d’arrieros qui nous quitte demain matin.

LAGUNA KHOTIA – LAGUNA SISTANA: 6h* + 850m et – 500m.
Victor est triste car sa compagne retourne à son village. Elle s’éloigne dans la pente avec ses deux frères et le troupeau de lamas. Notre sentier « balcon » nous amène au dessus de la lagune Q’ara Quta où les sommets se reflètent avec les lumières du matin dans le bleu du lac. Superbe ! Nous progressons maintenant vers le sud en longeant le versant sud-ouest de la cordillère. Sur notre droite, seul repère sur un horizon sans fin, le vaste lac Titicaca. En face, notre objectif la cime du Huyana Potosi, dépasse toute la chaîne de sommets. Notre premier col (Janchillani et ses 4600m) nous donne un avant goût des prochains. Débris volcaniques, schistes… ce sera désormais caillasses et éboulis au menu journalier.
La descente nous livre des vues sur un remarquable cirque où se niche la ronde laguna Alka Quta entourée de plusieurs pics frisant les 5500m.

C’est un beau coin pour camper, mais nous ne ferons qu’y manger. Après la traversée d’une zone semi marécageuse, une bofelade, à proximité des lagunas Chakhota et Ajwani, c'est une longue grimpette vers notre deuxième et lointain col (Aswani 4900m), à l’aplomb du Cerro Milluni. Nous avançons dans un désert d’altitude lunaire* fait d’étendues de cailloux de toutes tailles que l’érosion a soigneusement ordonné. Notre progression devient étonnante car nos approches ressemblent plus à des cheminements à skis avec des enchaînements de traversées, de lacets, de courbes douces, quant aux descentes c’est tout « schuss » dans la pente. C’est donc très rapidement maintenant que nous dévalons vers notre halte du jour, sous la laguna Sistaña (4700m). Chacun fait sa trace dans son couloir pour se mettre au plus vite au chaud dans sa tente. Nous remercions nos guides pour le bon choix du site avec une pensée pour le couple de Suisses (?) que leur accompagnateur a installé sur une croupe en plein vent.

LAGUNA SISTANA – LAGUNA CHIARKHOTIA: 7h* + 750m et – 700m.
Le passage d’un nouveau col (4800m) se fait tellement facilement que le gros de la troupe se propulse vite sur le haut d’un promontoire tout proche (4950m). Au débouché, c’est le choc visuel. Sur un ciel immaculé se découpe les « ailes» et la « tête » du Condoriri*(5648m). Bien qu’il n’atteigne que (sic) 5650m ce ne sont que corniches délicates, verticales neigeuses, glaciers blancs bleus*. Nous restons longtemps dans la contemplation de cette très esthétique montagne. Peut être trop longtemps car le pique nique n’a pas lieu juste en dessous, sur les bords de l’accueillante lagune Juri Quta, mais tout là haut, au bout d’une mauvaise moraine. Dure est la montée d’une pente escarpée, en particulier pour l’habituellement increvable Gérard, mais la récompense est là, après le passage du verrou. La petite laguna Glaciar est un joyau enchâssé à plus de 4950m. Deux glaciers tombent littéralement dans ses eaux glacées au pied de la magnifique face du Condoriri. Des blocs de glace, tels des icebergs sont poussés par un vent froid. L’ambiance est forte et c’est emmitouflés, en cagnardés entre deux roches moutonnées* que nous dégustons et le paysage et la succulente purée d’avocats préparés par Jaime*.

Pas question de sieste, il nous faut déjà grimper jusqu’au col des Autrichiens (5100m). Seule solution, effectuer quelques pas d’escalade dans la barre rocheuse. Certains se régalent, d’autres moins, d’autant qu’à cette altitude le souffle vient parfois à manquer. C’est aussi une excuse pour rejoindre le plus lentement possible le col et savourer à loisirs les glaciers et le lac que nous surplombons désormais. Un crachin froid nous chasse mais plus bas, au pied des éboulis c’est la poursuite photos d’adorables viscaches*. La descente reprise, on entrevoit nos tentes au bord de la laguna Chiarkhota (4600m). C’est le camp de base du Condoriri et nous allons y prendre une journée de repos. Cela se fête et pour cela Jean Christophe et moi devons nous sacrifier pour tester les différents apéritifs. Quelques vérifications plus tard, lard et saucisson sont enfin découpés sans blessures graves et nous déclarons irréprochables le Singani* et le pastis (à usage médical). Nous pouvons inviter Olivier* et ses clients qui campent un peu plus haut.

LAGUNA CHIARKHOTA –JOURNEE DE REPOS
D’ici deux à trois minutes, le bord inférieur d’un soleil rouge va plonger derrière la ligne de pics au Nord Ouest. Les rayons obliques de fin d’après midi sont presque parallèles à la pente. Chaque rocher, quelques touffes d’herbage se découpent sur les eaux de la lagune de plus en plus sombre. Au dessus de moi se dressent les masses glaciaires imposantes du massif que soulignent les reflets rouges et roses du soleil couchant. Le noir des ombres s’allonge, il fait froid et pourtant je m’attarde. C’est un de ces moments parfaits qui m’est offert…..
Ce matin, après un plantureux petit déjeuner chacun s’était organisé pour faire ce dont il avait envie. Pour certains c’était RIEN et donc retour au duvet alors que pour d’autres c’était profiter de ce endroit unique.
….. Bordé de beaux sommets, le glacier qui mène au Pequeno Alpamayo (5300m) m’attire et je zigzague bientôt entre les crevasses. Plus haut, un bon cheminement me permet de monter dans la pente qui se redresse. Hélas si j’ai encore quelques jolies vues sur l’enfilade des lacs, les pics, le col disparaissent en quelques instants dans le brouillard. Le retour est donc attentif et c’est avec plaisir que je retrouve derrière un rocher Jean Christophe qui m’attend. A travers les écharpes de brumes, c’est dans un faux plat bucolique que nous croisons lamas, alpagas et plus loin Jean Claude et Nanou qui regagnent la tente mess. Comme nous ils ont lu la note de la fiche technique.
« Note : Ravitaillement ce jour en produits frais et possibilité d’évacuation des randonneurs malades… »….. Les produits frais sont constitués en particulier de superbes truites saumonées pêchées dans le lac et c’est sûr qu’il va y avoir des malades avec tout ce que l’on déguste….. à moins que cela soit au contraire un signe de bonne santé. Quant aux évacuations, elles se font vers les tentes pour une agréable sieste digestive. Beaucoup plus tard, Philippe, Daniel, Gérard vont à la recherche de la voie normale qui doit mener au Condoriri. Ils nous parleront de moraines abruptes, de couloirs pierreux, de pentes glissantes et de vents violents au cours du dîner qui nous rassemblent pour de nouvelles agapes. Demain matin ce n’est pas le mal des montagnes qui sera responsable de notre mal de tête……

LAGUNA CHIARKHOTA – FACE SUD HUYANA POTOSI : 6h* + 850m et – 650m
Au dessous de nous, le ciel de bleu est en train de virer au gris sale. la bruine a commencé au cours de la grimpée entre les Cerro Jawaka (5336m) et Jallayco (5.224m) Le beau Cerro Illusion porte bien son nom, car il s’évanouit vite dans une grisaille semi opaque. La lumière du jour a perdu son éclat et fait place à nouveau au froid. Au col vers 5000m, Le téléphone passe et nous pouvons joindre La Paz et Terra Andina*. Nicolas nous confirme que les manifestants bloquent toujours les routes. C’est donc à pied que nous irons jusqu’au refuge du Huyana et peut être même à l’aéroport. Le moral du groupe est bon, on fera avec et puis bof ! Les 4x4 ….
Une grande traversée descendante suivie d’un morne fonds sableux d’un ancien lac, un nouveau raidillon et nous débouchons au dessus de la grande Laguna Tuni. Pendant que nous déjeunons blottis contre une falaise, Jaime nous montre sa maison et ce qu’il appelle son village…Quelques taches noires dans l’immensité….
La pluie, la neige nous accompagnent désormais et c’est plutôt moroses, enfermés dans nos pensées que nous poursuivons. Encore une côte qui donne dans un long vallon où pour nous remonter le moral, il n’y a que les ruines des villages miniers*. Encore une heure sur cette piste qui n’en finit pas et enfin voici nos lamas. Commence un rodéo où Gérard se suspend au cou des animaux pendant qu’on les décharge. Alors que nous installons nos tentes au fond du vallon (4700m) notre récompense est là. Séchés, réchauffés, nous assistons à un superbe coucher de soleil sur l’impressionnante face Sud du Huyana Potosi. Elle se dévoile graduellement, poudrée de neige. Finalement cet itinéraire est bien mieux que celui prévu vers Botijlaca*.

FACE SUD HUYANA POTOSI – REFUGE DU HUYANA POTOSI : 5h* + 450m et – 650m
Les quelques tentatives du soleil sont vite remplacées par un ciel de neige. Tombée cette nuit, elle est proche. L’ambiance terne déteint sur le groupe et s’ajoute à la fatigue où le froid, l’altitude ne sont pas étrangères. Personne n’ose poser la question, pourrons nous tenter le sommet? Notre col à 5050m n’est qu’un gigantesque tas de cailloux qu’il faut redescendre. Le versant se fait raide et nous recoupons la piste qui mène au village de Tuni. Une petite pause est nécessaire dans le fond d’une combe humide avant d’entamer une lente remontée vers notre dernier col, le Passo Zongo.
Il bruine puis il neigeote, les bâtiments aperçus appartiennent aux gardes du Parc…. Les camions qui se hissent sur la piste principale venant de La Paz nous laissent indifférents. Ils nous dépassent alors que nous occupons toute la chaussée avec les lamas et de nos arrieros. La discrète Sylvie serre les dents, le refuge promis parait bien loin ….. Et pourtant il est là avec son toit vert, au bord du barrage (4600m). Il faut d’abord décharger une dernière fois les lamas, vider le 4x4 qui apporte notre matériel pour l’ascension avant de pouvoir enfiler des vêtements secs et se regrouper dans le luxe inattendu du refuge*…. Il ne saurait être question que notre équipe d’accompagnement reparte ainsi sous la pluie et c’est donc ensemble que nous prenons boissons et repas chauds devant la grande cheminée en pierre. La distribution de cadeaux, pourboires entraîne des abradzos* marqués d’émotions. Victor nous quitte ainsi que Samuel qui va devoir rentrer à pied à Sorata ; Les routes y sont toujours bloquées.
Siestes, séchages, douches chaudes plutôt froides, bavardages et préparation des charges, des sacs, vérification du matériel, dîner, meublent la soirée. Le crachin, l’impression de chantier abandonné autour de notre bâtiment n’incitent pas à la promenade. Chacun profite à sa manière du confort et s’interroge sur sa chance de réussir le sommet. Au soir, il pleut à nouveau…….

ASCENSION DU HUAYNA POTOSÍ / JOUR 1 : 3h* + 600m
Il n’y a pas que dehors que l’atmosphère est pesante. A la vilaine météo qui n’invite pas au départ s’ajoutent les soucis que nous procurent un jeune français. Hier il nous expliquait qu’il allait tenter cette nuit le sommet depuis le refuge, or il n’était en Bolivie que depuis quelques jours… Victime du Soroché* il a du faire demi tour vers 5500m et maintenant Philippe diagnostique un oedème pulmonaire. Il n’y a pas de caisson hyperbare* mais heureusement nous pouvons faire venir un 4x4. Il va pouvoir redescendre en dessous des 4000m. Nous le retrouverons à la Paz, heureusement en bien meilleur état.
Allez! Nos porteurs sont là, nous n’avons pas fait tout ce chemin pour abandonner et malgré un ciel bas, nous nous devons d’aller au moins jusqu’au camp d’altitude. La cadence imposée par nos guides est volontairement lente, ponctuée d’arrêts.

Lors de la dernière pause c’est un superbe condor qui glisse, majestueux, juste au dessus de nos têtes. Il tâte le vent du bout de ses rémiges, Les appareils crépitent, voilà un bon présage. Une rude montée par une vague sente enneigée nous permet d’atteindre les tentes dressées au bord du glacier (vers 5200m*). Nous venions de croiser nos porteurs* qui redescendent dans la barre rocheuse, puis plus bas, ils galopent pour dévaler la grande moraine latérale. Nous mesurons mieux la dimension du glacier, du massif à travers un brouillard glacé, humide. Le vent souffle et nul ne traîne dehors après le déjeuner, chacun s’enfermant dans sa tente, son duvet, ses pensées. Dîner rapide, dernières instructions, constitutions des cordées et puis pour nous encourager à l’optimiste, le couvercle se déchire plus haut et pendant un moment, le ciel est bleu.
Le bivouac s’endort vite, le réveil a été avancé à minuit…

ASCENSION DU HUAYNA POTOSÍ (6088m alt.) /JOUR 2: 6h*+ 900m (et – 1500m +4h)
Grade II/AD, Max 50°
Le vent a chahuté les tentes toute la soirée, un peu de grêle, le froid et la neige, rien ne vient nous stimuler pour s’équiper. Nous nous interpellons d’une tente à l’autre et finalement ne nous voilà plus que six sous la petite tente mess. Sortant d’autres abris, trois ou quatre cordées se sont formées et déjà des lumières s’agitent dans le grand dévers au dessus de nous, il est 2h00 du matin. Cette première déclivité donne accès à une longue traversée où chacun trouve son rythme. Il fait très froid, dans la nuit noire on « sent » que sur la droite la pente file, qu’il y a grand vide. Le rio Zongo coule deux mille mètres plus bas. A l’entrée de la combe, il y a déjà quelques abandons et c’est bien dommage car un peu plus haut on perçoit un horizon illuminé. Pourtant, il est encore trop tôt pour l’arrivée du soleil ! Ce sont les innombrables lumières de la Paz qu’une brèche entre la paroi du Huyana Potosi et du Cerro Pico Milluni (5483m) nous permet d’admirer.

Puis c’est à nouveau un ciel bien noir. Jean Claude vient de faire demi tour et avec Daniel, nous avons pris Nanou sur notre corde. Nous sommes vers 5700m, Philippe et Jean Christophe en profitent pour nous dépasser. En haut d’une rampe on devine l’échelle qui équipe la rimaye. Les crampons gênent dans les barreaux mais ils sont bien utiles ensuite car pour accéder au dessus de la corniche, il faut jouer des pointes et du piolet. Grâce au soleil qui sort enfin derrière l’horizon, nous commençons à distinguer les sommets qui se dessinent, déchirants les nuages.
Notre sommet lui, nous domine et commence à rosir alors que nous marquons une pause au milieu d’énormes crevasses. On discerne une cordée qui attaque la grande pente. Il ne reste plus grand monde des partants de ce matin…. L’approche est lente, et malgré un souffle court, nous savourons notre ascension. Plus haut, nous observons Philippe qui bataille avec un crampon, puis il disparait is avec Jean Christophe derrière l’arête sommitale. A nous! C’est raide, le vide se creuse et au relais nous constatons que rien n’arrête plus notre regard. La forêt équatoriale est malheureusement toujours cachée par un océan de nuages, mais c’est très beau. Une dernière longueur, la barre des 6000 est passée et c’est le grand plaisir, la dernière corniche, la cime …...

Nous voilà réunis sur une petite plateforme au dessus de l’illimité. Mon œil se perd dans les ombres des vallées, les lumières des aiguilles, devine là bas très loin le Sajama, parcourt l’altiplano, retrouve notre chemin depuis le lac Titicaca, refait notre itinéraire à travers les sommets de la Cordillère. Nanou me montre notre dernier campement au pied de la face. Daniel trace des hiéroglyphes* sur la neige et puis il y a les offrandes à l’Apu* de la montagne, aux Achachillas*. Nous avons tous une pensée pour ceux qui n’ont pu participer à notre ascension.

Un dernier regard vers l’Illimani (6439m), à peine plus haut, notre prochaine ascension ? et il nous faut redescendre avant que la neige ne ramollisse trop. Plus bas nous nous décordons et après le passage de l’échelle, nous pouvons même enlever les crampons tellement la trace est belle. Il faut cependant veiller aux crevasses tout en prenant son temps pour regarder ce que nous n’avions pu voir dans la nuit. Voici les tentes rouges, les copains…. Il fait presque chaud et c’est dehors que nous partageons casse croûte et impressions.

Nous savourons ce moment, car ce sera bientôt la Paz, la civilisation. Demain nous profiterons encore des marchés colorés, je visiterai en compagnie de Régine les ruelles et leurs balcons ouvragés, des églises et des musées puis tous ensemble nous découvrirons l’étonnante vallée de la Lune*, mais il y aura aussi un après demain et notre avion …
Pour l’instant il faut se décider à rejoindre le refuge. Nous y nous parviendrons au début d’après midi. « Séquence émotion » lors de la distribution des pourboires, cadeaux , pharmacies , car avec l’adieu à nos compagnons, nos guides, nos porteurs, c’est bien le signe que notre belle aventure bolivienne s’achève…… Merci à tous ceux qui nous ont permis de la réaliser.

Christian

LEXIQUE
AC et BC: nouvelles définitions depuis 1950 de "avant ou après J.C."
API: Boisson chaude à base de maïs violet, citron cannelle, sucre
BANDA : c’est l’orchestre typique d’Amérique du Sud où les trompettistes et les cuivres sont rois.
CHINCANA (labyrinthe en aymara) : que composent les cellules et autres pièces de ce qui était un temple, un monastère.
CHIAYAS : population entre 500BC et 700 BC
CHORTEN : Petite pyramide en pierres bouddhiques tibétaines
ICHU : Grande herbe brune claire et piquante, régal des camélidés
LLARETA : mousse en étoiles, verdâtre, cireuse, très dure
PACHAMAMA : Déesse de la Fertilité (Mère Terre) à qui on fait toujours des offrandes, à un col, un sommet, une fête....
QUEÑUA : Famille des rosiers c'est l'arbre le "plus haut du monde"
ÑANDU : Famille des autruches, il court mais ne vole pas
TROIS CANAUX : qui symbolisent les règles Incas: Ama Sua, Ama Llulla, Ama khella. Ne vole pas, ne mens pas, ne sois pas paresseux.
ÑUSTAS ou Vierges du Soleil : Jeunes filles choisies pour servir la religion du Dieu Soleil et l'Empereur.
SAJAMA : C’est en voulant défendre sa mère, la Pachamama, contre les avances du Soleil, que son fils fut décapité par une fronde en or et sa tête en tombant forma le volcan Sajama.
TITITCACA : Cette immense étendue d’eau, encore légèrement salée, a été considérée par les différentes civilisations – en particulier pour les Incas -, par les habitants des régions proches, comme étant le berceau des Dieux, le lieu de peuplement par les premiers hommes.
TUPAC YUPANQUI : Empereur Inca- seconde moitié du XV° siècle
ABRAZOS : Ces grandes accolades n’allaient pas sans un serrement de cœur. C’était l’occasion pour nos hôtes de nous montrer que même en ne parlant pas la même langue, ils regrettaient notre départ, qu’ils nous remerciaient….. Qu’aurions nous fait sans eux !
ACHACHILLAS : Les esprits tutélaires où plutôt les ancêtres résident sur les hautes montagnes. De là ils veillent sur leurs descendants. Ils contribuent en particulier à la fertilité de l’altiplano et distribuent depuis ces sommets l’eau si nécessaire aux cultures.
APU : Chaque sommet, chaque nevada à son esprit protecteur. Il protége les voyageurs, le pays, les récoltes. Il faut lui offrir feuilles de coca soigneusement choisies, tabac, alcool qui sont déposées dans une petite niche, l’hornecino que l’on confectionne au préalable. Après les prières, il faut brûler les offrandes et dresser un monticule de pierre, l’apacheta.
ARRIEROS : Pour notre périple, muletiers, conducteurs de lamas et leurs troupeaux se sont succédés. En effet, ce sont trois groupes de villages différents qui se sont relayés. Chacun de ceux-ci nous a ainsi accompagné 3 à 4 jours, retournant ensuite sur ses pas. Cette méthode permet de répartir notre « tourisme » et de faire « travailler » plusieurs vallées. Economiquement c’est un plus pour eux et l’occasion pour nous de mieux rencontrer, partager, connaître.
BLANC BLEU : Dans l’air sec de ces altitudes, la neige s’évapore aussi vite qu’elle tombe. En saison sèche c’est donc l’humidité due à l’évapotranspiration venue des immenses forêts amazoniennes qui se cristallise et rend ainsi les montagnes si blanches.
BOTIJLACA : Normalement il était prévu de descendre et de finir notre traversée dans ce village (vers 3800m), puis de remonter en 4x4 jusqu’au refuge du Huyana Potosi. Y arriver à pied malgré la vilaine météo, outre les paysages, nous parait beaucoup plus gratifiant d’autant que cela ne « casse » pas l’ambiance naturelle dans laquelle nous étions depuis 10 jours.
CERRO : C’est le massif alors que le Pico c’est un sommet….. Les problèmes commencent dans la définition des altitudes, continuent avec l’orthographe des noms, se poursuivent avec les horaires, mais tout cela est il bien important ….
CONDORIRI : Les habitants de l’altiplano les Ayamaras, les Quechuas et plus tard les Incas voient dans les aspects des montagnes, dans les formes géologiques, des manifestations, des confirmations de leur vision cosmique de la nature. Les formes naturelles dessinent dans l’espace/temps des repères, des ensembles qui par leurs propres natures génèrent, règlent les conditions de vie de la communauté. Les montagnes, les lacs, les rivières, les sources prennent ainsi une connotation sacrée. Même nous, ne pouvons rester insensible, car ce superbe sommet aigu, prolongé de deux crêtes identiques s’organise comme un rapace qui s’envole. Il domine la plaine, c’est bien le condor protecteur.
CONDOR : le Sarcorhamphus gryphus avec ses 3 mètres d’envergure est le plus grand oiseau que l’on connaisse. C’est un planeur parfait qui distingue à 8 kilomètres sa proie et surtout une carcasse. Il peut emporter jusqu’à 20 kilos car ce charognard est parfaitement à l’aise à plus de 6000 mètres grâce à des poumons immenses, à un appareil circulatoire exceptionnel. De ce fait avec ses qualités, son alimentation, son air imposant, sa demeure « où vivent les apus », ce n’est pas par hasard qu’il est devenu le symbole idéal des civilisations d’Amérique du Sud. Il y symbolise le messager du soleil, l’esprit gardien de la paix et des morts. C’est le condor mythique qui porte sur ses ailes les esprits des ancêtres vers leurs lieux d’origine.
CAISSON HYPERBARE : Peu répandu en Amérique du Sud, cette espèce de gros matelas pneumatique sauf qu’il faut mettre le sujet atteint dedans et non dessus représente le meilleur moyen pour soigner les pathologies liées à une mauvaise acclimatation. Etanche, il est mis en pression et simule ainsi artificiellement et immédiatement une redescente de 3000mètres. La séance est d’au minimum d’une heure et sera suivie en fonction la gravité du M.A.M. d’une redescente par tous moyens à une altitude plus basse. Site à consulter : www.certec.fr
HYEROGLYPHE : avec un H comme Humour. Il y a eu les graveurs préhistoriques puis maintenant les taggeurs de tout. Désormais il y aura les Présidents de Club. Le nôtre, Daniel en inscrivant dans les neiges du sommet du Huyana Potosi le sigle du CAF de l’Esterel, a laissé pour des millénaires un message d’amitié pour tous les grimpeurs, sauf que …… la neige ça retombe où bien ça fond ………………..C’est difficile d’être Président !
ICHU : A part quelques arbustes, l’essentiel de la flore est composé de cette herbe brun clair qui pousse en touffes dures, piquantes. Utilisée comme couverture de bâtiments, tressée pour des paniers ou des cordages, c’est surtout l’aliment de base qui permet à tous les camélidés sauvages ou domestiques de vivre dans ces hautes régions.
INDIGENOS : En aucun cas, il ne faut appeler les habitants de l’altiplano indios, c'est-à-dire indiens. Le terme est à connotation injurieuse, rappelant l’esclavage par les Espagnols.
JAIME : Tour à tour cuisinier, décideur d’itinéraire pour le trek, guide de haute de montagne pour l’ascension, il a été le compagnon disponible et prévenant. Il est originaire d’un hameau près du lac Tuni et connaît bien SA Cordillère Royale. Cela a été un grand plaisir de rencontrer et connaître son Frère, son Père pour qui l’Accompagnement est devenu profession et source de revenus essentiels. Victor était son aide alors que Samuel originaire de Sorata, nous a guidé, expliqué et fait comprendre sa région tout au long de la marche.
LAMA : Inutile de décrire ce qu’est le lama lama ou l’alpaca, ces camélidés bien connus de ce continent. Alors que ses « parents » qui sont le guanaco, la vigogne sont sauvages, ce n’est pas parce que le lama est dit domestique qu’il est facile à approcher, à charger. C’est une opération qui s’apparente plus à une corrida et nécessite, encerclement, cordages et patience. Bien que sa charge maximum ne dépasse pas les 25kg, c’est encore un exemple remarquable d’acclimatation à l’altitude car il a 2 à 3 fois plus de globules rouges que ses « cousins » des déserts africains.
LLARETA : Cette mousse souvent dure comme la pierre est assez commune dans les endroits humides, les bords de lacs. Dans les fonds de vallées glaciaires, les rivières dessinent des méandres étonnants à travers ce type de végétation. Les habitants l’utilise comme de la tourbe pour se chauffer.
LUNAIRE : ce paysage. Parfait exemple de l’érosion périglaciaire les paysages de la Cordillère Royale déclinent sous toutes ses formes l’action du gel/dégel. La gélivation fractionne les plans de stratification des roches et dessine les dents de scie des crêtes. La gélifraction fait éclater et reéclater à l’infini la caillasse, l’entassant en énormes éboulis où bosses. Les sols polygonaux sont immenses, c’est le phénomène dit pipkrake. Soulevés, déplacés par le gel/dégel qui les poussent à la surface, les roches sont organisées en fonction de leur volume et de leur poids. A plat, la gravimétrie opère un tri naturel et fait migrer les cailloux en donnant des formes dites en Polygones en cercles ou bien en roses de pierre. Sur les pentes, cette gravité accentue les différences et les roches se structurent, glissant vers le bas pour former des éboulis ordonnés, des sols striés, des anneaux dont la forme n’est pas sans rappeler les cônes d’avalanches, sauf que là, il faut des dizaines d’années.
MOUTONNEES : L’empreinte des grandes glaciations est tellement récente que le paysage « d’avant » se lit à chaque instant. L’action des glaces est impressionnant et permet de distinguer très vite les lignes d’équilibres. Au dessus se dressent des crêtes déchiquetées, des cirques glaciaires actifs, au dessous ce ne sont que roches arrondies, parois verticales soigneusement polies. Les blocs erratiques parsèment d’énormes moraines latérales alors qu’il faut souvent franchir une suite de moraines frontales ou de verrous. Ils séparent des fonds d’auges glaciaires comblés par les sédiments et récemment colonisés par la végétation. Qu’ils soient de cirque ou terminal, de roches moutonnées ou bien d’auge ou encore de barrage morainique, les joyaux de ces lieux sont les innombrables lacs. De toutes tailles, de toutes formes, de toutes couleurs, ils occupent chaque creux.
OLIVIER : Collaborateur de l’Agence Terra Andina, ses conseils ont été précieux pour la mise en place de notre séjour. Coincé par les troubles à la Paz, il a été obligé de changer son programme.
PACHAMAMA : Le culte à La Terre Mère, à la déesse de la fertilité fait l’objet de nombreuses offrandes et à toutes occasions. Si on dit que les Boliviens sont catholiques à 95%, dans la réalité on assiste à un mélange de cérémonies, coutumes, superstitions venues de pratiques très antérieures. Le culte des anciens et des esprits de la nature ne vient absolument pas en conflit avec la foi chrétienne. Au contraire, il faut savoir se concilier toutes ces entités bienfaisantes où malveillantes car ce sont des ambassadeurs entre eux et un Dieu bien lointain.
PORTEURS : Une dizaine d’hommes où de femmes sont venus de la Paz Alto pour effectuer le portage des tentes et du matériel lourd au camp de base. Arrivés la veille, ils remonteront le jour de notre ascension pour tout ramener. Petits, trapus, enveloppés dans plusieurs couches de vêtements, ils rient, discutent, chantent en gravissant avec agilité les raides éboulis. Ils vont gagner un peu d’argent et repartirons ravis de nos cadeaux, vêtements, nourritures, pharmacies.
PUNA : ce terme définit la maigre steppe qui couvre l’altiplano. Cette zone de hauts plateaux est loin d’être plate car elle comporte collines et sommets, vallées et quebrada. D’un coté elle surplombe de 4000m une étroite bande littorale faite de déserts et le Pacifique et de l’autre elle est séparée de la forêt amazonienne par la cordillère des Andes. Devant son étendue, il est difficile de réaliser que c’est la région la plus peuplée de Bolivie. Une population très disséminée y vit d’élevages (bovins - camélidés) et de cultures vivrières (pommes de terre - quinoa).
QUEBRADA : Il s’agit de gorges plus où moins profondes creusées dans la terre qui comme les Bofelades ces étendues semi marécageuses faites d’alluvions, sont également des éléments indissociables des paysages de la Puna.
QUTA : c’est le mot dans la langue Aymara qui signifie le lac.
REFUGE : Si les douches à défaut d’eau chaude nous ont données quelques inquiétudes, découvrir ce grand refuge, sa cheminée en pierre, son confort a été une surprise bienvenue.
SINGANI : Nous ignorions à l’aller que dans les avions d’American Airlines régnait encore la prohibition (où qu’il fallait contribuer au Dieu Dollar). Pour le retour, il est bien évident que nos gourdes étaient remplies de cet excellent alcool de raisin. Ayant l’apparence de l’eau, son mélange discret avec le jus d’orange, lui gratuit, nous a permis de fêter des tas de choses…….
SOROCHE: Le Mal Aigu des Montagnes est d’abord un signal d’alerte qui prévient le sujet d’une mauvaise acclimatation à l’altitude. Les troubles, les conséquences qui se manifestent à partir de 3500m vont des simples maux de tête à l’œdème cérébral ou l’œdème pulmonaire de haute altitude qui peuvent être mortels. On doit absolument tenir compte du cumul de points dans la table des signes observés. Tout dérèglement en altitude doit d’abord être absolument considéré comme un avertissement lié au M.A.M. Il n’y a rien de honteux ni d’anormal même pour les meilleurs. Sites à consulter: www.arpealtitude.org ou www.ensa.jeunesse-sports.fr
TERRA ANDINA : Il y a quelques années déjà, Pierre et Nicolas ont craqué pour l’Amérique du Sud. Disponibles, connaissant bien les différentes régions, les gens, les cultures, ils organisent parfaitement avec leurs autres collaborateurs des circuits qu’ils soient culturels ou sportifs. Matériels, équipements, transports sont de qualité.
VALLEE DE LA LUNE: C’est un étonnant dédale de colonnes, de pitons, de gorges, d’effondrements que l’érosion pluviale ne cesse de remodeler dans une colline de terre grise. Quelques cactus y subsistent dont le San Pedro, hallucinogène. Un des intérêts de la visite de ce labyrinthe est que le bus (à utiliser absolument) traverse les bas quartiers de la capitale. Il n’y a de bas que l’altitude (3200m) car dans cette capitale plus on descend plus on est riche. Les villas et immeubles de luxe et leurs occupants sont bien loin des Barrios sales et miséreux de la Paz Alto (4032m)
VILLAGES MINIERS : Les Andes avec ses mineurs possèdent la population permanente la plus haute du monde (jusqu’à 5500m). Les ruines de villages que nous rencontrerons, la vue de l’étonnant cimetière de Milluni ne reflètent que partiellement les difficiles conditions de vie de ces hommes, femmes, enfants.
VISCACHE : le lagidium vizcacha est un drôle de membre de la famille des rongeurs. Comme le Pika des Rocheuses ou du Tibet, ce animal timide avec ses oreilles pointues et sa queue d’écureuil est certainement un des herbivores qui vit « le plus haut » dans le monde. Adaptation au climat, vie douillette l’hiver, mais surtout exceptionnelle accommodation à l’altitude. Son sang est plus riche en globules rouges qui sont aussi plus petits alors que son cœur, ses poumons sont bien plus gros que ses cousins de la plaine.
5200m : Certaines topos suggèrent l’ascension jusqu’au « camp argentin » (5500m). Celui-ci se situe certes plus haut sur le glacier mais la menace de chutes de séracs fait qu’il est désormais déconseillé. Il faut environ 7h de marche depuis le refuge. En bivouaquant plus bas, le camp est plus « confortable » (Sécurité – altitude – sol de pierres) sans que cela pénalise l’ascension finale. Y monter avec ou sans porteurs reste un choix personnel.
YUNGAS : Adossées à la Cordillère Royale, à la Cordillère Quimsa Cruz ce sont des zones de transitions au dessus du bassin amazonien. Entaillées de profondes vallées tropicales cette région bénéficie grâce à d’abondantes pluies d’une végétation luxuriante. Les cultures dont la coca y poussent facilement.


 
   

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